samedi 29 mars 2014

13 des plus belles synagogues du monde

Ce soir, place aux synagogues. Voici un bref voyage dans quelques-uns des plus beaux temples du judaïsme dans le monde. On remarquera la différence de l'architecture extérieure entre les diverses synagogues, à mi-chemin entre la pureté des formes des mosquées et la présentation intérieure des Eglises.


Le Temple Tifereth Israel à Cleveland (Etats-Unis)



Le centre mondial belz de Jérusalem 



La congrégation beth ha am à southportland (Etats-Unis)


La synagogue beth israel à Edmonton (Canada)

La synagogue jubilee à Prague (République tchèque)

 


 La synagogue tempel de Cracovie (Pologne)

 

Le temple maggiore de Florence (Italie)

 










La synagogue de Francfort (Allemagne)

 

La synagogue de Dresde (Allemagne)

 

La synagogue d'Oslo (Norvège)

 

 


La synagogue rodeph shalom de philadelphie (Etats-Unis)

 


















La synagogue alfassiyine de Fès (Maroc)

La grande synagogue de Sidney (Australie)


Vente aux enchères : le lent pillage des arts de l'Islam




















La construction d'un mur, par Kamal-ud-din Bihzad. 

Le 25 mars dernier, une partie de l'histoire de la civilisation islamique s'est volatilisée, vendue et achetée par des particuliers, et plus rarement, par des acquéreurs de musées français qui ont usé de leur droit de préemption, au cours d'une vente aux enchères d'arts d'Orient et de l'Islam de Xavier Guerrand-Hermès. Au XIIIe siècle, le sac de Bagdad avait été l'oeuvre du petit-fils de Gengis Khan. Le sac mondial du patrimoine universel et historique de l'humanité était réservé à un adversaire plus redoutable : le capitalisme. Malgré les mesures législatives prévues pour protéger le patrimoine culturel des Etats, l'autorisation de principe d'une vente de biens historiques et le fait de conditionner la protection de ces biens au bon vouloir de l'Etat et de ses finances, a rendu possible dans les faits l'accaparement par des particuliers de biens inestimables pour la connaissance de nos origines. Cette problématique a été notamment largement délaissée par les leaders et intellectuels d'islam. Que peut-on y faire ? Voter une extension des interdictions à la vente des oeuvres d'arts dépassant 100 ans. Elargir le droit de préemption, non plus seulement à la vente mais aussi après la vente, aux collections privées pour les préserver dans les musées. Consolider l'arsenal de mesures juridiques protégeant le patrimoine historique et artistique. Généraliser le partage entre musées internationaux de collections afin de contribuer à la diffusion universelle du savoir. Constituer des fondations pour collecter des financements destinés, dans l'attente de règles internationales strictement appliquées, à acquérir ces biens pour les restituer aux ayant-droit nationaux. Réaffirmer solennellement le caractère précieux et unique des biens historiques par une déclaration internationale de l'Unesco engageant la responsabilités des Etats. Conscientiser les populations sur ce sujet pour préserver l'identité culturelle et historique du nouveau sac des hordes d'acheteurs à la convoitise au moins aussi féroce et barbare que pouvait l'être le glaive des anciens.

En attendant, et pour vous faire une idée de l'enjeu, voici deux très courtes vidéos sur l'exposition des Arts de l'Islam au Musée du Louvre, à voir absolument :


 

 


vendredi 28 mars 2014

13 des plus belles mosquées du monde

Cette semaine, La colline vous propose un dossier spécial photo consacré à quelques-uns des plus beaux lieux de culte du monde. Le vendredi, jour saint des musulmans, inaugurera cette trilogie consacrée aux religions monothéistes. Samedi, les photos de nombreuses et très belles synagogues seront publiées et dimanche, elles feront place aux églises.  

La Mosquée Bleue d'Istanbul (Turquie)



Point de départ des caravanes de pèlerins musulmans vers La Mecque, la Mosquée Bleue ou Sultanahmet Camii a été construite entre 1609 et 1616, pendant le règne du sultan Ahmet Ier. Elle possède plus de 200 vitraux et six minarets.

La Mosquée Cheikh Zayed (Abu Dhabi)


 
La Mosquée Cheikh Zayed d’Abu Dhabi, a été construite sur un terrain désertique de 22.000 m². L’édifice possède 4 minarets et un dôme de 70 m de haut. Construite de 1995 à 2007, c’est l'un des plus grands édifices en marbre construit.

La grande mosquée de Touba (Sénégal) 


Surmontée par trois coupoles, la grande mosquée de Touba est l’une des plus importantes d’Afrique. Inaugurée en 1963, cette mosquée contient le mausolée d’Ahmadou Bamba, le fondateur du Mouridisme.

La Mosquée Faisal, à Islamabad (Pakistan)





Au Pakistan, la Mosquée Faisal, financée par le roi Faisal d’Arabie Saoudite, est l’une des plus grandes mosquées du monde avec une capacité d’accueil de 74.000 personnes.

La Mosquée Baitul Futuh, Londres (Angleterre)


C'est l'une des plus grandes mosquées d’Europe. La Mosquée Baitul Futuh inaugurée en 2003 peut accueillir 10.000 fidèles. 

L’Islamic Center of America de Dearborn (Etats-Unis)



Située dans le Michigan, l’Islamic Center of America est la plus grande mosquée d’Amérique du Nord. Inaugurée en 1963, dans le Michigan, elle témoigne du combat des musulmans américains pour exercer leur liberté de culte.

 

La Mosquée Nasir Al Molk (Iran)



Surnommée la "Mosquée rose", la Mosquée Nasir Al Molk a été construite entre 1876 et 1888 par Mirza Hasan Ali Nasir Al Molk, un seigneur de la dynastie Qajan. Cette Mosquée est munie de vitraux, chose rare dans les lieux de culte musulmans.


D'autres mosquées.... 

La mosquée de cristal (Malaisie) 



Mosquée Ubidiah  Kuala Kangsar (Malaisie)



Mosquée Kul Sharif, à proximité du Kremlin (Russie)

 


 Mosquée de Boukhara, en Ouzbékistan



et Samarcande


 Mosquée du Prophète à Médine (Arabie saoudite)




Le projet totalitaire de Facebook


Intitulé Internet.org, le dernier projet de Mark Zukerberg est tout simplement.... inquiétant. Il prévoit de faire parvenir internet à toute la population mondiale en s'appuyant sur des hautes technologies militaires comme les drones à énergie solaire, les satellites et des lasers, grâce à la collaboration d'ingénieurs de la Nasa. Un partenariat est déjà prévu avec de grandes firmes telles que Samsung, Ericsson, Nokia, Opéra, Qualcomm, et Mediatek. Toutes les modalités ont été prévues : compression généralisée des données pour alléger les réseaux, partenariats avec des opérateurs locaux dans chaque pays du monde...

Au-delà des aspects économiques et technologiques qui garantiront une suprématie financière au leader des réseaux sociaux, les applications sécuritaires et militaires de ce réseau mondial sont évidentes. Et l'avènement d'une société intégralement totalitaire enfin réalisée par les enfants d'Orwell...



jeudi 27 mars 2014

Les buffets à volonté seront-ils interdits en Arabie saoudite ?


Les buffets à volonté risquent désormais d'être prohibés en Arabie saoudite. L'un des plus hauts savants musulman de la monarchie vient de décréter illicite (haram) le fait de pouvoir ingurgiter à un prix fixe une quantité de nourriture indéfinie, d'après une information rapportée par Meltyfood. L'interdiction ne reposerait pas seulement et fondamentalement sur le caractère présumée illicite de tel ou tel ingrédient, mais bien sur l'ignorance de la quantité potentiellement consommable. Une décision qui permettra sans aucun doute au gouvernement de Riyad de redresser son déficit public grâce aux économies ainsi engrangées.


La démocratie vue par deux agnostiques




Tzvetan Todorov et Jacques Rancière sont deux écrivains et philosophes contemporains qui ont pensé et critiqué la démocratie moderne, l'un pour ses démons intérieurs, l'autre pour son imposture institutionnelle. Ils auraient pu se rencontrer et débattre ensemble. Peut-être l'ont-ils fait d'ailleurs. C'est sans importance car aujourd'hui La colline leur donne la parole, à l'insu de leur plein gré pourrait-on dire. Rencontre imaginaire avec deux sympathiques contempteurs de la démocratie.















Tzvetan Todorov, qui sont ceux que vous appelez «Les ennemis intimes de la démocratie» ?
C‘est «l’exigence de progrès», inhérent au projet démocratique lui-même. Car la démocratie n’est pas un état qui se satisfait, par principe, de la situation déjà existante. Elle n’obéit pas à une philosophie conservatrice, à une pensée fataliste, au maintien de ce qui a toujours existé ou au respect inconditionnel des traditions. Elle ne se réfère pas, non plus, à quelque ancien livre sacré, une sorte de code qu’il faudrait toujours appliquer de manière parfaite.


En quoi réside donc le danger de ce «progrès» ?
Ce facteur de progrès est louable en soi. Mais ce qui se passe néanmoins, à certaines périodes de la démocratie, c’est qu’elle se voit animée d’une conviction particulièrement forte: celle de se croire porteuse d’un bien supérieur et de considérer dès lors légitime de l’imposer par la force, et y compris par les armes, aux autres. C’est ce qui s’est malheureusement passé, ces derniers mois, en Libye, mais aussi, il y a quelques années, en Irak ou en Afghanistan. Cette aspiration au progrès, qui est une des principales caractéristiques de la démocratie, devient, ainsi, une source de destruction pour les pays qui ne la partagent pas. Le mal surgit ici, par le plus grand des paradoxes en effet, du bien !


Vous dites que la liberté individuelle est un danger pour la démocratie. Pourquoi ?
Dans nos démocraties libérales, l’économie, qui est le fruit de la libre entreprise des individus, y a à ce point supplanté le politique, que finit par y régner - c’est là un des effets pervers de l’initiative individuelle non contrôlée - l’obsession du profit, et donc, inévitablement, l’emprise des plus riches sur les plus pauvres. Bref, ce type de libéralisme devient ainsi là, lui aussi, une autre forme de pouvoir dictatorial: la tyrannie du capitalisme au détriment de la protection, par l’Etat, du peuple. Cet appât du gain individuel menace le bien-être du corps social.


Quel est le troisième péril interne de la démocratie ?
C’est le populisme, qui est l’envers pervers de la démocratie puisqu’il s’agit là de consulter le peuple, et que, bien évidement, la démocratie sans le peuple, n’est plus, par définition, la démocratie. Car le populisme, dont l’inconvénient majeur est de chercher une adhésion immédiate et totale des  masses populaires, se prête souvent à la manipulation médiatique la plus outrancière et facile, avec, comme but, une prise de décision, de la part de ces mêmes masses, sous le seul coup de l’émotion et donc en dehors de toute rationalité. Ce risque de manquer ainsi du discernement nécessaire aux décisions importantes, pour la communauté, constitue un réel danger pour le bon fonctionnement, à travers la juste et adéquate séparation des pouvoirs (législatif, exécutif, judiciaire), de toute démocratie digne de ce nom.



















Sur cette question du populisme, vous n'êtes pas d'accord avec lui Jacques Rancière !
La notion de populisme est faite pour amalgamer toutes les formes de politique qui s'opposent au pouvoir des compétences autoproclamées et pour ramener ces résistances à une même image: celle du peuple arriéré et ignorant, voire haineux et brutal. On invoque les pogroms, les grandes démonstrations nazies et la psychologie des foules à la Gustave Le Bon pour identifier pouvoir du peuple et déchaînement d'une meute raciste et xénophobe. S'il existe une xénophobie en France, elle ne vient pas du peuple, mais bien de l'Etat lorsqu'il s'acharne à mettre les étrangers en situation de précarité. Nous avons affaire à un racisme d'en haut.


Vous allez plus loin. Vous dites que l'élection représentative porte en germe la négation de la démocratie. Qu'entendez-vous par là ?
Dans son principe, comme dans son origine historique, la représentation est le contraire de la démocratie. La démocratie est fondée sur l'idée d'une compétence égale de tous. Et son mode normal de désignation est le tirage au sort, tel qu'il se pratiquait à Athènes, afin d'empêcher l'accaparement du pouvoir par ceux qui le désirent. La représentation, elle, est un principe oligarchique: ceux qui sont ainsi associés au pouvoir représentent non pas une population mais le statut ou la compétence qui fondent leur autorité sur cette population: la naissance, la richesse, le savoir ou autres. Notre système électoral est un compromis historique entre pouvoir oligarchique et pouvoir de tous: les représentants des puissances établies sont devenus les représentants du peuple, mais, inversement, le peuple démocratique délègue son pouvoir à une classe politique créditée d'une connaissance particulière des affaires communes et de l'exercice du pouvoir. Les types d'élection et les circonstances font pencher plus ou moins la balance entre les deux. L'élection d'un président comme incarnation directe du peuple a été inventée en 1848 contre le peuple des barricades et des clubs populaires et réinventée par de Gaulle pour donner un «guide» à un peuple trop turbulent. Loin d'être le couronnement de la vie démocratique, elle est le point extrême de la dépossession électorale du pouvoir populaire au profit des représentants d'une classe de politiciens dont les fractions opposées partagent tour à tour le pouvoir des «compétents». l'incarnation suprême d'un pouvoir du peuple, légitimé pour appliquer les programmes définis par des petits groupes d'experts «compétents» et une Internationale de banquiers et de chefs d'Etat représentant les intérêts et la vision du monde des puissances financières dominantes. par principe, la fonction présidentielle est celle qui rend inutile la parole du peuple, puisque celui-ci n'a qu'à choisir silencieusement, une fois tous les cinq ans, celui qui va parler à sa place.


Une élection n'est donc pas par principe démocratique ?
Le suffrage universel est un compromis entre les principes oligarchique et démocratique. Nos régimes oligarchiques ont malgré tout besoin d'une justification égalitaire. En 2005, le Traité constitutionnel européen fut lu, commenté, analysé; une culture juridique partagée s'est déployée sur internet, les incompétents ont affirmé une certaine compétence et le texte a été rejeté. Mais on sait ce qu'il advint! Finalement, le traité a été ratifié sans être soumis au peuple, au nom de l'argument: l'Europe est une affaire pour les gens compétents dont on ne saurait confer la destinée aux aléas du suffrage universel.


Alors pour vous, qu'est-ce que la politique ?
L'acte politique fondamental, c'est la manifestation du pouvoir de ceux qui n'ont aucun titre à exercer le pouvoir. Ces derniers temps, le mouvement des «indignés» et l'occupation de Wall Street en ont été, après le «printemps arabe», les exemples les plus intéressants. Ces mouvements ont rappelé que la démocratie est vivante lorsqu'elle invente ses propres formes d'expression et qu'elle rassemble matériellement un peuple qui n'est plus découpé en opinions, groupes sociaux ou corporations, mais qui est le peuple de tout le monde et de n'importe qui. Là se trouve la différence entre la gestion - qui organise des rapports sociaux où chacun est à sa place - et la politique - qui reconfigure la distribution des places. L'acte politique s'accompagne toujours de l'occupation d'un espace que l'on détourne de sa fonction sociale pour en faire un lieu politique: hier l'université ou l'usine, aujourd'hui la rue, la place ou le parvis. Bien sûr ces mouvements n'ont pas été jusqu'à donner à cette autonomie populaire des formes politiques capables de durer: des formes de vie, d'organisation et de pensée en rupture avec l'ordre dominant. Retrouver la confiance en une telle capacité est une oeuvre de longue haleine.


Retrouvez l'intégralité réelle de ces entretiens sur le site du Nouvel observateur :


http://bibliobs.nouvelobs.com/essais/20120403.OBS5335/tzvetan-todorov-la-democratie-secrete-elle-meme-ses-ennemis.html


http://bibliobs.nouvelobs.com/tranches-de-campagne/20120418.OBS6504/jacques-ranciere-l-election-ce-n-est-pas-la-democratie.html

mardi 25 mars 2014

Victor Hugo dans l'enfer syrien

 

 






 

 

Ce que vous allez voir n'est pas une iconographie de l'Enfer de Dante. Il s'agit d'une descente obscure dans la terre brûlée de Syrie. Une brève plongée dans l'océan écarlate qui borde les côtes du pays de Damas. Un océan fait de larmes, de sang, d'horreur. Je vous invite à un bref voyage dans ces lieux où l'enfance est un crime, l'innocence, un délit. Pour vous y conduire, je n'ai pas trouvé de meilleur guide qu'Hugo, l'homme qui pleure. Dans ce poème de l'écrivain-exilé, vous n'aurez que peu de mots à changer. Remplacer seulement Napoléon par Assad, Saint-Cloud par Alep. Un frêle et fugitif détour pour ne jamais oublier le martyre des enfants de Syrie, nés pour mourir....


Souvenir de la nuit du 4 (extrait des "Châtiments" de Victor Hugo)
L'enfant avait reçu deux balles dans la tête.
Le logis était propre, humble, paisible, honnête ;
On voyait un rameau bénit sur un portrait.
Une vieille grand-mère était là qui pleurait.
Nous le déshabillions en silence. Sa bouche,
Pâle, s'ouvrait ; la mort noyait son oeil farouche ;
Ses bras pendants semblaient demander des appuis.
Il avait dans sa poche une toupie en buis.
On pouvait mettre un doigt dans les trous de ses plaies.
Avez-vous vu saigner la mûre dans les haies ?
Son crâne était ouvert comme un bois qui se fend.


L'aïeule regarda déshabiller l'enfant,
Disant : - comme il est blanc ! approchez donc la lampe.
Dieu ! ses pauvres cheveux sont collés sur sa tempe ! -
Et quand ce fut fini, le prit sur ses genoux.
La nuit était lugubre ; on entendait des coups
De fusil dans la rue où l'on en tuait d'autres.
- Il faut ensevelir l'enfant, dirent les nôtres.
Et l'on prit un drap blanc dans l'armoire en noyer.
L'aïeule cependant l'approchait du foyer
Comme pour réchauffer ses membres déjà roides.
Hélas ! ce que la mort touche de ses mains froides
Ne se réchauffe plus aux foyers d'ici-bas !


Elle pencha la tête et lui tira ses bas,
Et dans ses vieilles mains prit les pieds du cadavre.
- Est-ce que ce n'est pas une chose qui navre !
Cria-t-elle ; monsieur, il n'avait pas huit ans !
Ses maîtres, il allait en classe, étaient contents.
Monsieur, quand il fallait que je fisse une lettre,
C'est lui qui l'écrivait. Est-ce qu'on va se mettre
A tuer les enfants maintenant ? Ah ! mon Dieu !
On est donc des brigands ! Je vous demande un peu,
Il jouait ce matin, là, devant la fenêtre !
Dire qu'ils m'ont tué ce pauvre petit être !
Il passait dans la rue, ils ont tiré dessus.


Monsieur, il était bon et doux comme un Jésus.
Moi je suis vieille, il est tout simple que je parte ;
Cela n'aurait rien fait à monsieur Bonaparte
De me tuer au lieu de tuer mon enfant ! -
Elle s'interrompit, les sanglots l'étouffant,
Puis elle dit, et tous pleuraient près de l'aïeule :
- Que vais-je devenir à présent toute seule ?
Expliquez-moi cela, vous autres, aujourd'hui.
Hélas ! je n'avais plus de sa mère que lui.


Pourquoi l'a-t-on tué ? Je veux qu'on me l'explique.
L'enfant n'a pas crié vive la République. -

Nous nous taisions, debout et graves, chapeau bas,
Tremblant devant ce deuil qu'on ne console pas.

Vous ne compreniez point, mère, la politique.
Monsieur Napoléon, c'est son nom authentique,
Est pauvre, et même prince ; il aime les palais ;
Il lui convient d'avoir des chevaux, des valets,
De l'argent pour son jeu, sa table, son alcôve,
Ses chasses ; par la même occasion, il sauve
La famille, l'église et la société ;
Il veut avoir Saint-Cloud, plein de roses l'été,
Où viendront l'adorer les préfets et les maires ;
C'est pour cela qu'il faut que les vieilles grand-mères,
De leurs pauvres doigts gris que fait trembler le temps,
Cousent dans le linceul des enfants de sept ans.




samedi 22 mars 2014

Socialisme et barbarie














L'occasion est historique et elle est trop belle pour ne pas être saisie. Les élections municipales de cette année 2014 interviennent à un moment inédit. Jamais la France n'aura été le théâtre d'autant de soubresauts politiques, institutionnels mais surtout sociaux et économiques. La révélation en cascade des affaires d'Etat tous bords politiques confondus ont mis au grand jour, pour les plus naïfs de nos compatriotes qui l'ignoraient encore, l'ampleur de la corruption morale des élites actuellement au pouvoir depuis ces 20 dernières années, avec une accélération notable depuis la fin du mandat de Sarkozy. Il semble qu'un point de rupture ait été atteint sous le poids de tant de mensonges cumulés toutes ces années. Depuis l'accession de François Hollande au pouvoir, cette descente aux enfers de la France a exhibé plusieurs visages.

Le tournis libéral de Hollande
Un visage économique, caractérisé par une escroquerie de masse infligée à l'électorat le plus populaire du PS, qui bien qu'en baisse relative, reste présent, nous voulons parler du virage libéral de Hollande. Comprenez : alors qu'une politique de redistribution sociale devait suivre une période de rigueur, conformément aux promesses faites, les électeurs socialistes ont découvert trop tard l'arnaque qui leur avait été faite. Certains nous jouerons le couplet de l'antisarkozysme comme moteur du vote Hollande aux dernières présidentielles et du gouvernement qui en a surgi. Soit. Mais qu'en sera-t-il de ces élections municipales ? Alors que le doute n'est plus permis, les classes moyennes et les précaires vont-ils encore alimenter de leurs voix un Parti non plus seulement inutile, mais dangereux. Les projets idéologiques des ministres Vincent Peillon et Najat Vallaud-Belkacem, apprentis sorciers d'une post-modernité aux abois, ont de quoi suscité la plus grande inquiétude.

Savonarole à la Place Beauveau
Pour l'un, en charge de l'Education nationale, la laïcité fait figure de religion chargée d'assurer la suprématie «républicaine» des esprits, hier contre le catholicisme, aujourd'hui contre l'islam. Une religion qui a son dogme, ses Eglises temporelles et ses prélats. 



Outre Peillon, le bouillant Manuel Valls, Savonarole en charge de la police, menace régulièrement les récalcitrants et les adeptes du blasphème laïc, de son bâton républicain, y compris la Cour de Cassation ! Demain, c'est le bûcher symbolique qui châtiera les plus déterminés. Dans cette redéfinition du sacré auquel se livrent nos ministres, la Shoah le dispute à la laïcité dans la sacralité de cette VI République qui ne dit pas son nom.

La gay attitude du PS
La ministre du Droit des Femmes, Najat-Vallaud Belkacem, en tandem avec la Garde des Sceaux, a pour sa part, entamé la plus folle des entreprises qu'on ait vu germer dans l'esprit de la post-modernité. La remise en question de la structure sociale, psychologique, juridique et culturelle de... l'humanité. Fervente militante du mariage gay et de la cause homosexuelle, ardente promotrice de l'extension des droits et de l'institutionnalisation du modus vivendi gay, la ministre n'a pas hésité à introduire cette cause idéologique dans l'enceinte de l'école que le même gouvernement nous vend comme laïque ! 

 

Mettre un terme à l'imposture socialiste
L'utilisation des études de genre par les organisations LGBT comme cheval de Troie de ces revendications a constitué le fer de lance de cette stratégie qui a pour l'instant reculé face à la mobilisation des Français naturellement hostiles à cette entreprise sectaire, un peu avant ces élections. Mais la boîte de Pandore socialiste n'a pas été fermée, tout juste rangée provisoirement, le temps que les choses reviennent à la normale, le temps d'une élection. Précisément, il serait peut-être temps pour les électeurs des classes populaires et des classes moyennes, de mettre un terme à l'imposture socialiste, qui contrairement à celles de l'UMP ou du FN, est, elle, alimentée par leurs voix. Faire barrage par tous les moyens, y compris par l'abstention, qui n'est pas toujours, comme le catéchisme civique nous l'enseigne, un acte anti-politique qui fragiliserait la «démocratie».

Le retour de Proudhon
A chaque ville, sa configuration, sa sociologie, son histoire. Nous n'appelons ni à voter UMP, ni à tomber dans la charlatanerie d'un FN patriote que tente de vendre désespérément Alain Soral aux Français de confession musulmane, feignant d'ignorer ou de minimiser le très haut sentiment d'islamophobie de ce parti. L'horizon est large ! Le recours aux candidatures autonomes, aux figures locales engagées, le vote blanc ou l'abstention, que chacun juge en fonction de sa conscience. Mais qu'on ne s'y trompe pas : la préservation des fondamentaux sociaux, sociétaux, économiques, politiques et culturelles de la France passera nécessairement par une liquidation politique et électorale du PS. C'est à cette condition qu'un authentique socialisme français, peut-être dans la lignée de Proudhon, verra le jour et qu'un semblant d'alternance politique repointera le bout de son nez dans la patrie des Lumières.

Qu'est-ce que la colline ?





La colline est le blog officiel de Fouad Bahri. C'est aussi et avant toute chose un lieu de découverte, d'information, de savoir et d'échange. Une fenêtre ouverte sur le monde, une hétéropie comme le définissait Foucault. Sur cet espace virtuel, vous cotoierez entre autres la politique, la littérature, la philosophie et la religion. Et vous ne serez jamais loin de contempler la nature, sa splendeur, sa violence...