lundi 5 mai 2014

Bouchareb met en scène le duel Whitaker/Keitel


Mercredi 7 mai sort dans les salles françaises La Voie de l'ennemi, le dernier film du réalisateur franco-algérien Rachid Bouchareb. Remake du film français Deux hommes dans la ville de José Giovanni, ce thriller met en scène le duel entre Forest Whitaker, un ex-détenu converti à l'islam et qui cherche à se réinsérer, face à Harvey Keitel, incarnant un shérif décidé à venger son ancien collègue.



En 1973, José Giovanni sortait le film Deux hommes dans la ville interprété à l'époque par Alain Delon et Jean Gabin. 41 ans plus tard, le réalisateur Rachid Bouchareb, auteur de Indigènes et Hors-la-loi, lui rend hommage avec La Voie de l'ennemi, un remake du film français qui met en scène deux grands acteurs américains, Forest Whitaker et Harvey Keitel. Le premier incarne un ancien prisonnier, Garnett, incarcéré pour meurtre. En prison, Garnett découvre l'islam, se convertit et décide de changer de vie. A sa sortie après 18 ans d'incarcération, il espère se construire une nouvelle vie avec sa petite amie, au Nouveau-Mexique. Mais c'est sans compter sur le shérif Bill Agati, dont l'adjoint a été tué par Garnett. Interprété par Harvey Keitel, Bill Agati compte bien faire payer au personnage joué par Forest Whitaker, la perte de son collègue.

 

A la rencontre des shérifs, du Tea Party et des imams
Dans ce thriller, le réalisateur franco-algérien dont on connaît la patte intimiste et engagée, a fait en sorte de s'emparer des tensions propres à la société américaine, en particulier celles du Nouveau-Mexique, telles que l'immigration, les questions raciales, religieuses et sexuelles. Co-produit par l’Agence algérienne pour le rayonnement culturel (AARC), Enemy Way, ou La voie de l’ennemi est le dixième long-métrage de Bouchareb. Il a, pour ce faire, bénéficié d'une préparation minutieuse de toute l'équipe. Comme il l'a détaillé lui-même au cours d'une interview donnée à l'occasion de la sélection de son film à la 64e Berlinale, Rachid Bouchareb est allé jusqu'à la frontière américaine du Nouveau-Mexique. «J'ai rencontré des shérifs, des gens du Tea Party, des imams, etc», a-t-il déclaré. Quant à Forest Whitaker, il s'est plongé à corps perdu dans son rôle allant s'informer auprès d'imams et dévorant les ouvrages sur l'islam. Il «a lu des livres dont le Coran. Il connaît mieux les Ecritures que moi désormais», précise le réalisateur .

Bouchareb le passe-frontières
Autre aspect de la méthode Bouchareb, le film a été taillé sur mesure pour les acteurs. En particulier pour Forest Whitaker. «Quand j’ai rencontré Forest, je n’avais pas de film, pas d’histoire ; nous avions juste envie de travailler ensemble, de construire quelque chose», confie Rachid Bouchareb. Un rôle tout en suggestion pour Whitaker lorsqu'il campe les états d'âme d'un personnage en quête de rédemption. «Au début du film le personnage de Forest parle peu. Tout repose sur une interprétation intérieure», explique ainsi le réalisateur. En tous cas, avec La voie de l'ennemi, Bouchareb confirme un peu plus le sens de sa vocation cinématographique : celle d'être un passe-frontières.



article publié sur Zaman France

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